Actualités du Bénin - promotion de la responsabilité parentale

Novembre 2020 : Connaissance des dispositions légales régissant la famille dans la région du projet : Malgré de grands progrès pour le bien-être des enfants, beaucoup reste à faire.

Un sondage micro-trottoir a été réalisée dans les 14 communes de notre nouveau projet avec ESGB au Bénin, au démarrage de celui-ci afin de saisir le niveau de connaissance des populations concernant les dispositions légales régissant la famille et certains droits des enfants. A cet effet, dans chaque commune, 20 hommes et 20 femmes ont été interrogés. Parmi eux, 10 hommes et 10 femmes du milieu rural et chaque 10 de l’environnement urbain, dont la moitié de moins de 30 ans. Au total, 560 questionnaires ont été analysés et les réponses ont été comparées aux résultats d’un sondage micro-trottoir menée à la fin de la phase pilote dans l’Ouémé un an plus tôt. Bien qu’il ne s’agisse que d’un échantillon, certaines tendances peuvent être observées.

Connaissances juridiques mieux connues dans l’ancienne région du projet

On a ainsi pu constater que les notions juridiques de la responsabilité partagée des parents vis-à-vis de leurs enfants sont généralement mieux connues dans le département de la phase pilote d’Ouémé que dans le département du Plateau, où aucun travail de sensibilisation n’a encore eu lieu à cet égard. (Une augmentation des connaissances dans l’Ouémé avait été démontrée par les 3 études réalisées au cours de la la phase pilote.) 48% des personnes interrogées dans l’Ouémé et 80% dans le Plateau ont des conceptions traditionnelles du mariage : ils considèrent le mariage comme un fait dès qu’ils y a cohabitation entre les conjoints ou dès qu’une dot a été payée. Cependant, les responsabilités communes vis-à-vis de leurs enfants ne sont pas officiellement réglées comme dans le cas d’un mariage civil et le sens des coresponsabilités est moins fort. Dans l’ensemble, la responsabilité partagée pour l’éducation des enfants, la prise en charge des frais de scolarité, des vêtements ou des soins de santé des enfants, au cours de la vie commune ou après la séparation des parents, est de 20 à 30% plus forte dans l’Ouémé que dans le Plateau. 

 

Sensibilisation accrue aux droits de l’enfant dans l’ancienne région du projet

On constate aussi une grande différence en ce qui concerne la prise en compte de l’avis des enfants. 80% des personnes interrogées dans l’Ouémé, mais seulement 35% dans le Plateau estiment que les enfants ont le droit de participer à la prise de décision leur garde lorsqu’une séparation survient. En ce qui concerne l’éducation des enfants, les châtiments corporels sont encore soutenus par 35% des personnes interrogées dans l’Ouémé et 85% dans le Plateau. Bien qu’il existe une nette différence entre les deux régions, la nécessité d’une sensibilisation pour une meilleure compréhension des droits et du bien-être des enfants reste très importante.

 

Le statut des mères reste problématique

L’opinion de la femme est jugée importante à 97% dans les décisions familiales dans l’Ouémé, contre seulement 79% dans le Plateau. Toutefois, il est regrettable que l’on constate également une diminution des réponses favorables dans l’Ouémé en ce qui concerne les questions d’égalité des sexes. Par exemple, en 2019, 81% des personnes interrogées dans l’Ouémé déclaraient que les femmes avaient besoin de l’autorisation de leur mari pour exercer leur profession. En 2020, ce taux est monté à 94% et il est également de 93% dans le Plateau. Les plus faibles perspectives d’indépendance, de travail et de revenus qui en résultent pour les femmes augmente leur vulnérabilité et en cas de séparation elles peuvent plus difficilement prendre en charge leurs enfants.

 

L’équipe du projet explique cette tendance, d’une part, par le fait que les changements d’attitudes et de comportements, en particulier dans les idées profondément ancrées telles que les rôles de genre, ont besoin de beaucoup de temps et de sensibilisation continue. L’interruption des mesures pendant un an a eu pour conséquence que les nouvelles connaissances et les attitudes n’ont pas pu s’ancrer dans les mentalités pour se pérenniser. D’autre part, le département d’Ouémé, avec la capitale Porto Novo, est marqué par une importante immigration en provenance du nord du pays, où ces questions n’ont pas encore été abordées.

 

Les jeunes ne sont pas nécessairement plus ouverts

Il est également remarquable que les jeunes de 18 à 30 ans ne soient pas nécessairement plus favorables à l’égalité des sexes. Cela montre un grand besoin de sensibiliser les jeunes et les jeunes adultes à la responsabilité parentale commune et aux droits des enfants. Étant donné que les mesures de protection contre les infections de COVID-19 avec notamment la fermeture des écoles ont malheureusement engendré une forte augmentation des grossesses précoces dans la région, il s’agit là d’une réalité extrêmement préoccupante.  

 

Une instabilité parentale ayant des répercussions sur la situation des enfants

La fidélité est généralement perçue comme une obligation pour les femmes (dans l’Ouémé 94% en 2019, 99% aujourd’hui, et 96% dans le Plateau). Mais seulement 85% des personnes interrogées en 2019 et 67% en 2020, déclaraient, qu’elles jugeaient la fidélité aussi obligatoire chez les hommes. Dans le Plateau, ce taux n’était que de 43%. L’infidélité généralement acceptée pour les hommes a notamment pour conséquence qu’il y a beaucoup d’enfants qui ne sont pas issus de parents vivant ensembles ou qui ne bénéficient pas de la protection et la prise en charge de leurs deux parents.

 

Nécessité d’un renforcement des connaissances sur les droits de l’enfant

La connaissance des responsabilités parentales et la prise de conscience des droits de l’enfant et de son bien-être doivent donc être encore renforcées dans les deux départements, en particulier à travers l’inculturation des normes en vigueur dans les langues locales.

Octobre 2020 : Un 3e sondage montre des responsabilités parentales augmentés dans la région du projet

Les résultats du 3e sondage pour le projet Médiation (phase pilote)
Sondage micro-trottoir réalisé en Septembre 2020 pour la clôture de notre projet avec ESGB au Bénin
Microtottoir projet médiation ESGB oct19[...]
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Juin 2018 : Nouvelle étude micro-trottoir sur la vision du mariage et des responsabilités des parents

 

Deux études micro-trottoir sur la vision du mariage et des responsabilités des parents ont été réalisé dans les 9 communes du projet. 360 questionnaires valides ont été dépouillés et analysés.

 

Conclusion de l’enquête en mars 2017 (au début du projet) :

Les réponses données à tous les niveaux du questionnaire montrent que les dispositions légales ne sont ni connues, ni appliquées dans la gestion de la famille. L’union dominante étant le concubinage, aucune disposition ne protège les membres du couple et les enfants dans la séparation et lors d’un décès. En conséquence, les droits de la femme sont bafoués et ceux des enfants ne sont jamais pris en compte dans la gestion de la vie courante. Chacun gère les choses selon ses convictions, la coutume et les traditions qui les arrangent. On pourrait penser que les jeunes ont une vision plus égalitaire Hommes/femmes, mais ce n’est pas le cas ; ils ne connaissent pas plus les dispositions légales en matière de famille. Le milieu rural demeure plus traditionnel. On note par ailleurs un déséquilibre en défaveur des femmes.

 

Conclusion de l’enquête en Juin 2018 (à mi-parcours du projet) :

Ce 2ème micro-trottoir permet de constater une forte progression des connaissances concernant les dispositions légales liées à la famille et aux enfants. Dans la famille, la coresponsabilité concernant les enfants est une réalité très forte et encore en progression. Cette progression est incontestablement le fruit du travail de sensibilisation et de formation qui a été effectué dans le cadre du projet. Certaines questions qui relèvent des pratiques quotidiennes des enquêtés montrent qu’il est difficile de s’appliquer à soi-même les notons acquises (garde des enfants par le père, éducation des garçons par les pères, héritage…). En 18 mois, on note cependant que certains changements sont amorcés, notamment la déclaration des naissances et la prise en compte de l’opinion de la femme dans les prises de décisions.

Publication : La protection de la famille

Pour une meilleure protection de la famille, un nouveau livret, élaboré au Bénin par ESGB et son partenaire KiRA ainsi que les experts en droit, explique le cadre légal des responsabilités des parents avec des commentaires et recommandations pratiques.

Des traductions en Yoruba et Ouémé vont suivre afin de rendre ce guide accessible aux populations dans nos zones de projet.

Voir le document

Mars 2017 : Formation de l’équipe du projet pour la médiation familiale

Les médiateurs de notre partenaire ESGB à Bénin ont profité d’un renforcement de capacités du 22 au 23 mars 2017 dans le cadre du projet sur « La promotion de la responsabilité parentale et la création d’un environnement protecteur des enfants victimes de conflits parentaux au département de l’Ouémé ».

 

Dans ledit projet, y aura entre autres activités des médiations spécifiques pour 1000 couples parentaux en procès de séparation. L’animation d’une médiation de ce type exige des savoir-faire mais aussi et surtout des savoir être vus le poids de la culture et la délicatesse du sujet à aborder. Le médiateur sera témoin de couples vivant de grosses difficultés, ceci l’oblige à être solide pour entendre tout ce qui sera dit dans les dialogues, de pouvoir prendre du recul par rapport des scènes émotionnellement éprouvant et assumer son rôle. C’est ce qui justifie la planification de séances de formation d’accompagnement pour les aider à réussir leur mission. C’est dans cette optique qu’ESGB a voulu commencer par un module sur la connaissance de soi intitulé « Progresser en solidité » car parmi le personnel en contact avec les cibles, trois sur cinq médiateurs n’ont pas bénéficié des formations et d’outils leur permettant de développer leur personnalité et de renforcer leur capacité à avoir des relations humaines de qualité.

Dans la formation facilitée par la psychologue du projet, les médiateurs ont découvert par eux-mêmes, beaucoup de leurs qualités de cœurs, d’action, de relation, d’intelligence qu’ils vivent déjà dans beaucoup de secteurs de leurs vies.

  • La partie sur le mental a permis aux participants de comprendre qu’il est important de croire en ses capacités, de ne pas douter de soi et de vivre ses engagements, ses relations de façon authentique et non pour être vu et accepté uniquement.
  • Celle sur la sensibilité (leur faculté à réagir aux situations, événements et personnes) leur a permis de conscientiser ce à quoi ils sont sensibles, ce qui les fait souffrir, comment ils réagissent face à cela. Un accent particulier a été mis sur le phénomène des réactions disproportionnées et répétitives.
  • Celle sur la conscience profonde les a éveillés à la nécessité d’apprendre à discerner en vue prendre des décisions constructrices pour la personne,
  • Le travail sur « Comment progresser » les a aidés à mettre en place un petit plan d’action en vue de poursuivre s’ils le veulent ce travail d’auto observation sur les champs qui ont été ouverts au cours de la formation.

 

Ainsi en se connaissant mieux, ils sont aussi mieux outillés pour assumer leur responsabilité de médiateurs/médiatrices. Ce module a posé les fondamentaux nécessaires pour aider les parents à mieux se comprendre mutuellement, ouvrant ainsi la voie à une meilleure tolérance mutuelle pour le bien des enfants. Une telle disposition de part et d’autre chez des parents en conflits leur permettra de prendre en compte l’avenir des enfants malgré les griefs des uns contre les autres.

Image en tête: Jeu de rôle simulant une médiation avec un couple lors du recrutement de médiateurs par ESGB. © Elisabeth Munsch/ KiRA

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