Nouvelles du Cameroun : Enfants promoteurs de la paix

Août 2020 : Une activité génératrice de revenus pas comme les autres

Plus que de l’amour c’est devenu de la passion, les jeunes de la nouvelle dynamique citoyenne à travers leur activité génératrice de revenus (AGR) sont l’exemple même du vivre ensemble encore plus, de l’agir ensemble. Issus de divers ethnies et religions, ils se sont réunis autour d’une activité génératrice de revenu : un café restau.

Cette AGR a non seulement brisé les barrières ethnico-religieuses, elle met également au centre, la promotion de l’aspect genre : il n’est pas étonnant de voir garçon couteau et légumes en main en train de découper pour faire la cuisine alors qu’on sait bien que dans le contexte africain, l’histoire nous fait croire que c’est seulement aux femmes de faire la cuisine. Néanmoins, il faut relever que cet aspect n’est pas entièrement réglé car on entend encore des propos de certains garçons disant « onn hiddi wartoungo am samaroka » comme pour dire vous voulez me rendre pédé ; c’est à dire qu’il revient seulement aux femmes de faire la cuisine.

Cependant si c’est avec le sourire aux lèvres que cela se dit on comprend que tout ceci n’est qu’une question de temps. S’il y’a un aspect qu’on peut relever avoir eu du succès sans risque de se tromper, c’est celui de la solidarité et du renforcement du vivre ensemble. Chacun à son niveau et à sa manière fait de son mieux pour consacrer du temps et de l’expérience pour que cette AGR soit un succès ; malgré certaines langues dites « tranchantes », il faut voir à quel point la tolérance est l’arme par excellence pour combattre ces langues, tous visant une même finalité, la promotion de la paix et du vivre ensemble et surtout celui de générer des bénéfices qui est un chemin vers l’autonomisation.

Août 2020 : Des attitudes et perception sur le Genre transformées…

Dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, particulièrement dans le département du Mayo Sava, il est difficile de voir les jeunes garçons et les filles s’occuper des travaux ménagers. En effet, le poids de la tradition et de la religion joue pour beaucoup. Ainsi, certains travaux comme faire la vaisselle, laver les marmites, tourner la pâte, puiser de l’eau, etc. sont particulièrement réservés aux femmes. Les hommes quant à eux s’occupent des travaux dits physiques (coupure du bois, semi, moto taxi etc).

 

Depuis 2017, le projet « Enfants, acteurs de dialogue pour la paix, la stabilité et le vivre ensemble dans la Région de l’Extrême-Nord Cameroun » piloté par ALDEPA œuvre avec les jeunes filles et garçons à la promotion de la paix et à la lutte contre l’extrémisme violent à travers le Comité Local du Dialogue pour Paix et la Cohabitation Pacifique (CLODIPACOP). Dans ce groupe les jeunes mènent des sensibilisations et bien d’autres actions communautaires (ménager, d’investissement humain etc.) sans discrimination de genre, de sexe ou de religion. Cependant, pour y parvenir la tâche n’a pas été facile.

 

 

L’expérience de certains jeunes garçons du groupe est exemplaire. En fait, pour eux, avant d’intégrer le groupe CLODIPACOP, ils avaient une vue très négative de garçons qui faisaient les tâches dits réservés aux femmes ; et pour eux, il était inadmissible pour un jeune garçon de se mettre aux travaux domestiques. Lors des différentes rencontres de partage et de formation dans le groupe, ils ont été édifiés sur le fait qu’il n’y a pas de travaux réservés aux hommes, ni aux femmes, car tout ce qu’un homme fait, la femme peux le faire selon ces dispositions - et que ce sont nos traditions et nos coutumes qui nous imposent une certaine manière qui n’a rien de positive pour le développement de la communauté et de l’unité familiale.

Lors des activités génératrices de revenus que le groupe a mis sur pied (fabrication artisanale d’huile d’arachide), grande été la surprise de voir les jeunes garçons et les filles travailler ensemble sans discrimination aucunes. Au bout de cette expérience, ils ont été satisfait de l’évolution qu’ils ont faite et de la peur et du jugement qu’ils ont pu transcender.

 

Février 2019 : Les volontaires formés racontent comment les activités du projet ont changé leur vie et celle dans les communautés

Hamadou, membre d'un comité interreligieux mise en place et formé par notre partenaire ALDEPA, raconte:

 

« Je suis membre du CIRAP [comité interreligieux]. J’ai décidé personnellement de faire ce témoignage parce que la rencontre avec ALDEPA a beaucoup modifié ma vision des choses dans la vie. Bref, elle a modifié ma vie.

 

En effet, je suis issu d’une famille musulmane très croyante. Mes parents ne jouent pas avec le respect strict des principes et les fondamentaux de notre religion. Nous avons été moulés et socialisés suivant cette éducation. Nous sommes 7 enfants, dont 3 filles et 4 garçons, et tous, nous croyons et respectons fermement ces principes. L’une des choses dont nous avons héritées de cette éducation très religieuse était d’éviter les relations avec les jeunes des autres religions, qui le plus souvent mènent une vie perverse et débauchée et ne respectent pas toujours notre religion. Par ailleurs, il nous était strictement interdit d’accéder dans les lieux de cultes tels que les églises, chapelles, etc. En fait, cela était considéré comme un péché. Lorsque j’étais à l’école, jusqu’au secondaire, je n’avais jamais eu d’ami non musulman.

 

Mais la rencontre avec ALDEPA m’a fait comprendre beaucoup de choses. L’autre qui ne prie pas comme moi n’est pas forcément un pécheur. Toutes les religions se valent. Chacun de nous a l’obligation de respecter la religion de l’autre. Voilà ce que j’ai gardé comme principe de vie, et que j’enseigne aujourd’hui aux autres. Mon accès à l’Eglise catholique lors d’une activité de dialogue interreligieuse m’a beaucoup touché. Lors des séances précédentes, j’avais radicalement refusé. Pourtant, cela ne fait aucun mal. L’imam a clairement expliqué que cela n’était guère un péché. En échangeant avec le prêtre, j’ai compris beaucoup de chose que j’ignorais totalement par le passé.

 

Lors du camp des jeunes, je partageais ma chambre avec un chrétien. C’est formidable. Je n’avais pas pensé un jour que je pourrais le faire. Lors de nos formations, il est arrivé des moments où j’ai partagé mon plat avec un non musulman. C’est presque incroyable. Mais j’y arrive sans même m’en rendre compte.

 

Lorsque je le dis, les gens peuvent trouver cela vide de sens et de pertinence. Mais je vous assure que pour moi, c’est un virage important de ma vie que j’ai fait. Quatre valeurs essentielles : l’ouverture, l’acceptation, la connaissance de l’autre et le respect. Voilà ce que moi j’enseignerais à mes enfants. »

 

 

Katke, membre du club interculturel pour la promotion de la paix et du vivre ensemble de sa communauté explique :

 

« Mon témoignage est beaucoup plus l’expression de remerciements adressé à ALDEPA. Il est presque difficile pour d’exprimer ce que cet organisme m’a permis de connaitre et de faire.

 

En fait, nous avions été conviés à une formation comme cela l’est de coutume. L’atelier portait sur le CCAP, c’est-à-dire le contrôle citoyen de l’action publique. Ce qui n’était autre que les gros mots pour nous autre, car on a passé du temps ce jour où nous avons reçu l’invitation en train de nous questionner de quoi il sera question.

 

Seulement, avant la fin de la formation, j’ai compris que moi comme citoyen, j’ai le droit de suivre, contrôler, aviser, informer et accompagner l’action des autorités dans ma localité. Je me suis senti directement interpelé. Mais avec beaucoup de doute de la faisabilité.

 

Je me suis senti interpelé parce que ma communauté se retrouve devant une situation totalement désespérée. Nous avons obtenu la grande chance de bénéficier du financement d’un bailleur pour la réalisation d’un forage à énergie solaire qui alimenterait notre village qui souffre atrocement du manque d’eau depuis des années. Pour tout le village, ce projet était un don de Dieu. Car il venait mettre fin à la souffrance et aux maladies.

 

Malheureusement, les travaux terminés, le forage ne donne aucune goutte d’eau. L’espoir tombe dans l’eau. Le contrat stipulait que l’entrepreneur avait la responsabilité d’assurer la maintenance technique de l’ouvrage pendant un an après la réalisation. Le temps ne faisait que passé, et nous ne savions quoi faire. Car dans notre tradition, ces choses reviennent aux autorités d’en parler. Nous petits paysans, nous n’avons aucune voix pour le dire. Alors, on attendait servilement l’expiration de la garantie pour tourner la page.

 

Voilà que la formation semble redonner une lueur d’espoir à tout un village. L’équipe d’ALDEPA m’a aidé à mieux comprendre le mécanisme. C’est ainsi que j’ai mobilisé la population, par la voix du chef, et on en a discuté. Lorsque que je leur ai dit que nous devons écrire au Maire, plusieurs ont décliné la responsabilité. Car, c’est l’autorité ! Mais la démarche entamée avec le temps, plusieurs nous ont rejoints. Aujourd’hui tout le village suit cette procédure et chaque fin de semaine, les gens viennent me demander la suite de la procédure. Et nous comptons aller jusqu’à rencontrer le bailleur principal jusqu’à ce que nous ayons une solution fiable. »

 

  

Le chef traditionnel de Maroua confirme:

 

« Félicitations ALDEPA !!! Vraiment bravo à vous, l’initiative présent est une opportunité grandiose pour ma communauté de se rencontré dans un cadre d’échange et contribuer au développement. Personnellement j’ai toujours voulu avoir une collaboration avec les membres de ma localité, mais très souvent ils craignent la chefferie du coup c’est souvent désert et ce Cadre de Concertation Communautaire  est une manne pour rencontrer nos administrés qui ont très souvent de bonne idées mais qui ne trouve pas souvent l’opportunité de l’exprimer. Pour l’avenir, Makabay reste ouvert et je m’engage à appui tant que possible ALDEPA dans les activités futures. Car pour moi c’est un exploit de me retrouver désormais avec ma population pour échanger, non pas seulement sur les palabres communautaires, mais aussi et surtout, sur comment se porte notre communauté, et élaborer les stratégies idoines pour la rendre la plus agréable vivable. »

Novembre 2018 : La cohésion interculturelle dans les communes évolue

Elisabeth Munsch, chargée de notre projet pour la promotion de la paix et la stabilité à l’Extrême Nord du Cameroun raconte :

 

« A l’Extrême-Nord du Cameroun éprouvé par les actions terroristes, notre partenaire ALDEPA a eu une idée formidable pour promouvoir le vivre ensemble dans les villages : Chaque mois, la communauté est réunie sous un arbre pour discuter d’un thème qu’elle a choisi. Par exemple, ‘comment éduquer nos enfants ?’ ‘La famille socle de dialogue en famille’ où ‘une éducation sans violence en famille’.

On y trouve des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des enfants assis sur les nattes ou des sièges apportés par les participants. Les leaders religieux catholiques, protestants, églises de réveil, musulmans expliquent à tour de rôle ce que disent les écritures sur le sujet et ensuite on discute.

Les participants se rendent comptent que les textes sacrés, quelque soit leur appartenance religieuse préconisent des attitudes convergentes. Cette découverte a changé les vies au village : des familles qui ne se parlaient pas au paravent du fait de leur appartenance à une autre communauté de foi, commencent à se saluer, à se parler en dehors des réunions et les enfants jouent ensemble. Des liens de confiance commencent à émerger.

Cette initiative est un bel exemple qui nous interpelle :
et si nous faisions aussi comme ça chez nous au lieu de nous regarder avec suspicion ? »

Juillet 2018 : Des grands progrès dans le développement des mentalités

L’Extrême Nord du Cameroun est marqué par des grands progrès dans les mentalités. Aux communes du projet, un dialogue entre les religions et entre les générations était initié et se développe. Les chrétiens ne considèrent plus leurs voisins musulmans comme terroristes et les musulmans n’appellent plus les chrétiens infidèles.

L’incivisme diminue : Au début du projet, on ne se saluait pas entre personnes d’une autre religion, maintenant on travaille ensemble pour développer la communauté. Des chrétiens et musulmans s’assoient autour d’une même table et ont même partagé un repas, ce qui était impensable avant. La cohésion sociale grandit.

Même les conflits fonciers sont résolus : avant, les musulmans qui sont majoritaires dans la région, s’appropriaient toutes les terres et bouclaient même le forage à l’heure de la prière. Ces pratiques sont terminées et tous les habitants du village ont accès à l’eau commun.

Suit à l’initiative du projet, il y a régulièrement des rencontres interreligieux et intergénérationnels dans les villages. Les participants sont maintenant convaincus de l’importance de la paix pour la famille, la communauté et les villages environnants et ils ont compris la nécessité de se gérer et de protéger cette paix. Cela s’est traduit par du dialogue entre les générations. Des groupements interculturels se sont créés (groupements de jeunes, clubs interreligieux etc.) et réfléchissent sur ce qu’il faut faire pour vivre mieux en communauté. Un groupement de jeunes a initié le traçage des routes et la plantation d’arbres qu’ils ont arrosé jusqu’au début des pluies.

 

En juillet 2018, notre chargée du projet a rencontré des groupements initiés par notre projet. Un membre d’un club interreligieux raconte :

« Pour nous musulmans, les chrétiens étaient des esclaves. Et on les traitait comme tels. Leurs enfants n’avaient pas le droit de jouer au foot, mais devaient s’occuper du matériel et laver les maillots. Ils existaient des jours de bastonnade des chrétiens, les jeudis. Et on refusait de louer une chambre à un non musulman.

Avec les actions menées par le CIRAP [club interreligieux], après une année tout ceci n’existe plus. On joue ensemble au foot, les bastonnades n’existent plus, et ma famille a loué un studio à une chrétienne. Par notre action on a pris le risque d’être renié, mais aujourd’hui nous avons gagné. »

 

L’un des membres étaient le capitaine du fouet. Il se rappelle : « J’ai frappé, on ne savait même pas pourquoi. On a été éduqué comme ça. Quand je pense à tout ça aujourd’hui, j’ai honte de ce que j’ai fait avant. Pour le dialogue interreligieux, il a fallu beaucoup de temps. Et de patience. »

Echappées des geoles de terroristes

les extrémistes mettent le feu et sèment le désastre

Les familles qui habitent les zones frontalières sont soumises aux exactions et attaques répétitives d'un groupe terroriste. Lors de leurs attaques, les villages sont brulés, les familles séparées, de nombreuses personnes égorgées, brulées ou amputées.

 

Amina*, 9 ans, vivait avec ses parents et ses frères dans un village. Un jour, au petit matin, les hommes du groupe terroriste ont attaqué. Ce jour là, son père et ses frères ont été tués et leur maison brulée. Amina s’est retrouvée seule avec sa mère. Nous avons pu recevoir son témoignage :

destruction d'un village par les terroristes

« J’ai été enlevée avec 5 autres filles du village alors que nous étions allées chercher du bois. Nous avons fait 6 mois dans leur camp, enfermées dans une maison. Nous passions toute la journée à lire le coran. Ils nous disaient: « nous sommes votre nouvelle famille et vous devez nous obéir. Nous allons éliminer tous ceux qui sont infidèles à notre religion ». Un jour ils nous ont amené dans une chambre remplie de choses que nous n’avions jamais vues avant ; ils nous ont dit que nous allions attacher ces choses autour de notre ventre pour tuer les infidèles et que nous irions au paradis.

Les habitants fuient et vont se réfugier plus loin des frontières

Un jour, pendant que beaucoup de gardiens étaient partis, nous avons fuit. Quelqu'un nous a indiqué dans quelle direction marcher et nous avons fait 3 jours de marche en brousse. Arrivées au premier village, les membres du comité de vigilance nous ont conduites à la gendarmerie la plus proche. Après enquête, les 5 autres filles ont été remises à leurs familles et moi entre temps ils m’ont dit que ma maman est décédée de chagrin après avoir fait mon deuil. Les gendarmes m’ont amenée en ville dans une autre gendarmerie qui m’a confiée à une femme de l’Etat. Elle m’a accueillie et m’a inscrite à l’école.

Un jour de retour de classe, la dame m’a dit que ma grand-mère a été retrouvée et qu’on viendra me chercher pour me ramener chez elle. J’étais contente de la revoir.

Aujourd’hui j’habite avec ma grand-mère et mon cousin et je vais à l’école. J’ai beaucoup d’amis mais J’ai mal parce que mes parents et mes frères sont morts…».

 

*Nom changé

Démarrage du projet dans l'Extrême-Nord Cameroun

Du 24 au 31 janvier 2017, une partie de l’équipe ALDEPA et Elisabeth Munsch ont travaillé ensemble pour un bon démarrage du projet : Les enfants acteurs de dialogue pour la paix, la stabilité et le vivre ensemble dans l’Extrême-Nord Cameroun, co-financé par l’Union Européenne pour une période de 4 ans à compter du 1er Janvier 2017.


Ce projet novateur est un grand défi pour ALDEPA et KiRA.

En effet, il s’agira de

  • Développer et rendre opérationnels des mécanismes endogènes de dialogue pacifique interreligieux, interculturel et interrelationnel pour la paix et la stabilité au sein des communautés, promue par les enfants et les groupes sociaux structurés.
  • Promouvoir le leadership jeune pour une citoyenneté responsable et respectueuse de l’autre et du bien public.
  • Susciter et renforcer la participation citoyenne des jeunes pour une meilleure influence des politiques et actions publiques.

 

L’équipe ALDEPA et la chargée de projet KiRA ont pris du temps pour :

  • Peaufiner les stratégies d’action afin de maximiser leurs chances de réussite,
  • Préparer le travail de diagnostic participatif permettant de réaliser un état des lieux identifiant les problèmes et besoins des communautés en matière de cohabitation entre religions, entre ethnies, entre générations, les blocages à la participation citoyenne des jeunes, et à la collaboration avec les communes.
  • Confectionner une plaquette de présentation du projet, concevoir les différents outils de recueil des données et de capitalisation des résultats engrangés.

 

Après ces travaux préparatoires, l’heure est venue de se lancer dans l’action !

 

Spendenkonto:

Sparkasse Offenburg/Ortenau

Kinderrechte Afrika e. V.

BIC: SOLADES1OFG

IBAN:

DE69 6645 0050 0076 0040 44

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Schillerstraße 16

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