Succes story au Mali : quand les coopératives villageoises suscitent l’engouement de leurs adhérents

 

 

Sensibilisés et formés sur le système coopératif par les animateurs du GRADEM, 44/52 villages accompagnés dans le cadre du projet « Amélioration du statut, de l’éducation et de la formation ainsi que des perspectives d’avenir des filles dans 58 villages de 5 communes rurales dans les régions de Ségou et Koulikoro » ont créé leur coopérative dans le but de faciliter la scolarisation de leurs enfants et de prévenir l’exode précoce des filles.

 

Selon les villages, elles comptent déjà 60 à plus de 100 membres qui chacun se sont acquittés de leurs droits d’adhésion et payent une cotisation mensuelle. Les coopérateurs ont élu leur présidente et désigné les membres du bureau. Ils ont également défini leurs règles de fonctionnement et les appliquent avec beaucoup de rigueur.

GRADEM a versé un fonds de démarrage remboursable qui a permis d’octroyer des prêts aux coopérateurs. Ceux-ci ont démarré diverses activités : petits commerces tels la vente de fripes, de céréales, de beignets, de bois, … ; aviculture ou petit élevage ou encore le maraichage. La coopérative achète les intrants en gros et les revend à bon prix aux adhérents.

Les coopérateurs discutent ensemble pour fixer le prix de vente de leurs produits afin que personne ne casse les prix et ne perde dans l’affaire.

Toutes les décisions sont prises ensemble lors des réunions mensuelles et les absents payent une amende ; mais ça c’était au début car maintenant la réunion mensuelle est devenue un moment de joie, de concertation et de dialogue ou chacun constate que la vie au village est devenue meilleure :

 

  • Tous les enfants sont scolarisés et disposent de fournitures scolaires
  • Les parents arrivent aussi à payer les frais de scolarité
  • L’argent circule et chacun peut mieux subvenir à ses besoins
  • Il y a plus de produits disponibles au village grâce au petit commerce et les enfants peuvent acheter des galettes avant de partir à l’école ; ils ne partent plus le ventre creux
  • Certaines filles sont rentrées d’exode pour aider leur maman dans leur activité
  • Les femmes sont stables au village
  • Les femmes ne dépensent plus pour la sauce, il y a les produits du maraichage
  • Les feuilles des plantes produites au jardin facilitent l’alimentation du bétail.

D’autres importants bénéfices non attendus sont perceptibles :

  • Un meilleur dialogue hommes/femmes
  • Un meilleur suivi scolaire des enfants
  • La solidarité, la confiance et le dialogue sont devenus effectifs et on assiste au démarrage d’un véritable développement autogéré dans une démarche de démocratie participative où les femmes ont de moins en moins peur de donner leur avis.

Les villageois rêvent déjà : d’ici quelques temps ils pourront réhabiliter l’école ou créer un second cycle pour leurs enfants ou encore construire une maternité.

coopérative au Mali La chargée du projet de KiRA Elisabeth Munsch discute avec les membres d'une coopérative les réussites et les démarches à prendre.

photo en tête : une membre de la coopérative dans son maraichage.

© Elisabeth Munsch / KiRA

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