Mali : Droits fondamentaux pour des filles ménagères exploitées !

 

 

 

Lieux du projet : Bamako


Partenaire local : GRADEM Mali (Groupe Recherche Action Droits des Enfants au Mali)


Période du projet : 01/01/2016 – 31/12/2018

Situation au départ

 

Pour les filles célibataires des régions Ségou et Koulikoro, le travail d’aide-ménagère non-qualifiée dans une grande ville est souvent la seule perspective pour gagner sa vie et soutenir sa famille. Elles quittent ainsi leurs villages pour la capitale. Mais elles sont peu préparées à la vie en ville et beaucoup d'entre elles n'ont que 12 ans.

 

Un grand nombre de ménages à Bamako emploi des filles domestiques mineures. Elles y travaillent dans des conditions précaires sans accès à leurs droits fondamentaux de travailleuses tels que la sécurité sociale, des horaires décents et réguliers, un jour de repos hebdomadaire et des congés payés. En conséquence, ces filles sont exploitées ou maltraitées et risquent des problèmes de santé physique et/ou mentale. Cette situation d'exploitation est favorisée par la méconnaissance des filles de leurs droits et l'absence d'un environnement social protecteur.

 

L'exploitation économique des filles et les violences ou abus sexuel se rencontrent dans 50 % des cas. Quand les filles tombent enceintes, elles sont abandonnées sans aide. On remarque ainsi un nombre croissant de jeunes mères en détresse qui ont perdu leur emploi et ne peuvent plus retourner en famille à cause de leur enfant. Dans la rue, sans protection et soutien, elles font face à des problèmes multiples.

 

Objectif et groupe cible du projet

 

Contribuer à l’application effective des droits des filles et à l’émergence d’une société malienne où les femmes sont pleinement citoyennes :

  • Promouvoir et soutenir l’application des textes juridiques protégeant les enfants, notamment des abus et pires formes de travail ; en particulier est de vulgariser la convention 189 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) portant sur le travail digne pour les aides ménagères en vue de sa ratification et de son application.
  • Offrir un accompagnement qui ouvre des perspectives d’avenir à 150 jeunes filles aides ménagères mineures victimes de violences et/ou grossesses précoces.
  • 390 jeunes filles aide-ménagères mineures de 15 à 18 ans travaillant dans les communes V et VI de Bamako ont un travail respectant leurs droits en tant qu’employées et savent se défendre contre les violences ou abus de leur employeur.
  • 250 jeunes filles aide-ménagères de moins de 15 ans travaillant à Bamako ont quitté leur travail et sont réinsérées en famille.
  • 1.200 filles à risque d'exploitation économique connaissent leurs droits et des points d'aide et savent se protéger dans les situations abusives.

Principales activités du projet

 

  • Renforcement des capacités des acteurs de protection sur les textes juridiques régissant le travail des enfants et mise en place d’outils de protection et d’un réseau d’OSC
  • Information, sensibilisation et plaidoyer auprès des autorités sur les conditions de travail et de vie des jeunes filles aide-ménagères mineures et l’importance de la ratification de la C 189 de l’OIT
  • Information et sensibilisation des aide-ménagères, de leurs employeurs et du grand public sur leurs droits et devoirs respectifs
  • Formation des aide-ménagères de 15 à18 ans sur les aptitudes de base en travail domestique avec remise d’une attestation d’aptitude ; Accompagnement (orientation et suivi) des jeunes filles formées et placées à l’emploi en collaboration avec les structures de placement/grands logeurs
  • Offre d’un lieu d’accueil spécialisé aux aides ménagères mineures victimes de violences : accueil et réhabilitation, assistance juridique, formation, réinsertion familiale et sociale
  • réinsertion familiale et scolaire des filles de moins de 15 ans.

Financement

 

Coûts du projet : 848.335 Euro

 

Partenaires financières :

  • la Commission Européenne
  • la Coopération Allemande (BMZ)
  • la fondation Globus-Stiftung
  • KiRA (Kinderrechte Afrika e. V. : donations)

Récit de vie de Aga, 17 ans

Mon nom est Aga. Je suis originaire de la région de Koulikoro. Depuis toute petite, mes parents m’ont donné en mariage forcé à un Monsieur que je ne veux pas prononcer son nom. Dans ce mariage, j’ai eu un enfant avec le Monsieur. Le Monsieur m’a dit que l’enfant n’ait pas de lui. Dans ce mariage, il me prenait comme son esclave, me parlait mal, souvent me frappait.

 

Un jour, je suis allée dans un village voisin pour la foire. De là-bas, j’ai fui pour venir à Bamako. Ça me fait 3 ans que je suis à Bamako. A Bamako, j’ai commencé par la vente de l’eau, des habits pour enfant au grand marché ensuite j’ai fait le travail domestique. Quand j’ai commencé le travail domestique, on me payait 10.000 Fcfa le mois, avec une autre grossesse, j’ai utilisé l’argent.

 

A la naissance du bébé, personne ne me voulait comme travailleuse domestique. J’ai passé des semaines à me promener. Un jour une vieille m’a vu dans la rue et m’a dit de venir travailler avec elle. La dame fait la vente de nourriture au marché. J’ai fait quelques mois chez la dame. Mon enfant tombe malade chaque fois. Un jour, on m’a parlé d’un vieux qui guéri les enfants des maladies et qu’il vit sur la colline. J’ai pris mon enfant pour aller voir le vieux. Sur place, le vieux voulait que je lui donne mon enfant et que je retourne le lendemain ; j’ai refusé.

 

Ne sachant pas où aller, je me suis dirigé à la police pour déposer mon enfant. La police m’a demandée si j’aime mon enfant, j’ai dit oui, mais que je veux la déposer à la pouponnière et venir la voir de temps-en-temps.

 

La police a ensuite appelé le GRADEM qui est venu me chercher. Le GRADEM m’a aidé dans le soin de mon enfant qui a passé un mois et demi à l’hôpital pour des soins. Le GRADEM m’a aussi aidé à rentrer en contact avec mes parents. Ma maman a effectué le déplacement pour venir me chercher à Bamako.

photo en tête : marche des filles ménagères à Bamako pour le renforcement de leurs droits fondamentaux comme employées. © GRADEM

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